La trilogie du mal - Maxime Chattam

Me revoilà de retour aux affaires après 7 mois de non partage de mes lectures. Aujourd'hui je vais avoir à coeur de vous présenter un ouvrage que j'ai eu le "plaisir" de lire à 2 reprises avec quelques années entre les deux lectures. Il m'a véritablement fallu mûrir pour mieux appréhender la puissance des ténèbres de cet ouvrage. Cette trilogie regroupe donc L'Ame du mal, In Tenebris et Maléfices de Maxime Chattam. Une véritable plongée dans l'univers du mal aux Etats-Unis.

Maxime Chattam a crevé l'écran avec son premier roman, L'Ame du mal, à seulement 24 ans. Avec ce texte on met les pieds dans un univers sombre, sordide, par moment écoeurant et rempli d'épouvante. Le livre débute par une conclusion d'enquête. Celle du bourreau de Portland qui ciblait des femmes dans l'Oregon. Juliette (un des deux personnages principaux) est sauvée par Joshua Brolin (le second personnage de cette oeuvre), inspecteur et profileur (car ancien du FBI) au sein de la police de Portland.

Ce n'est qu'un an après ce sauvetage et surtout seulement au moment où les deux protagonistes commencent à se remettre sur pied que l'histoire démarre véritablement. Un tueur en série s'inspirant très fortement du bourreau de Portland commence à sévir. Les deux personnages sont alors hantés et vont se lancer dans une course poursuite où se mêle horreur, satanisme et littérature ésotérique. Un rythme d'intrigue extrêmement rapide qui est tout simplement à vous couper le souffle. C'est aussi pour cela que j'ai dû relire la trilogie bien des années après la première lecture (réalisée autour de mes 17 ans) qui aura bien hantée mes nuits. On est happé par l'histoire, on ne peut qu'avaler les pages pour découvrir la clé de l'énigme.

Voici un extrait de L'âme du Mal:

"Elle était entièrement nue, auréolée d'une large marque sombre sur le sol. Des dizaines de mouches se posaient autour des orifices, naturels ou non, pour y rester quelques secondes le temps d'y pondre leurs oeufs. Quand les yeux de Brolin remontèrent sur ses cuisses il ne put réprimer un haut-le-coeur. Le manche d'un couteau dépassait de son intimité, laissant une fine coulée séchée sur ses lèvres. Un corps gras et tout noir apparut subitement sous le manche du couteau, dépliant ses pattes pour parvenir à s'extraire de cette immense carcasse dont il festoyait avec ses centaines d'acolytes."

Cette trilogie ne serait pas un chef d'oeuvre du genre (ni un best seller) si Maxime Chattam ne l'avait pas enrichie de deux tomes. Ils sont basés également sur la dignité humaine, le mal, la souffrance. Mais on essaie à la lecture de dépasser ces aspects terrifiants et de se lancer en compagnie de Joshua Brolin dans une tentative de profilage; comprenez par là la tentative de décryptage du tueur, de la compréhension de son mode de fonctionnement et de ses motivations à faire le mal.

Voici quelques rites que l'on pourra retrouver sur les victimes à travers ces trois oeuvres: «introduction d’objets», «inscriptions sur le corps», «ablation de membres ou d’organes», «scarifications», «indices de présomption de sérialité», «minorité de la victime» et bien d'autres.

Un nouvel extrait cette fois tiré de In Tenebris:

"Allongé sur un lit, un corps humain était emmitouflé dans une couverture et recroquevillé le dos contre un mur. Les paupières fermées, son front se plissait régulièrement, à mesure que le traumatisme peuplait son inconscience de cauchemars. ... D'épaisses croutes recouvraient la surface où auraient dû se trouver les cheveux, tels des continents à la dérive sur un océan de feu. La boîte crânienne contenant son précieux trésor palpitait de vie dans l'air sec de la pièce."

Attention cependant ne vous attendez pas à retrouver les mêmes protagonistes dans les 3 tomes. Seul Joshua est acteur des trois énigmes. Dans In Tenebris et Maléfices il est rejoint par Annabel O'Donnel membre de la police de Brooklyn, qui a perdu son mari disparu du jour au lendemain. L'ambiance de nostalgie très importante dans le second volet, est moins présente dans le troisième car le récit est plus dans l'action, la course à l'identification de cette "Chose". Les fausses pistes se succèdent à un rythme soutenu et on essaie tant bien que mal de discerner le vrai du faux. On continue à voir la difficulté pour Brolin à exprimer ses sentiments vis-à-vis d'Annabel, personnage qui évolue au cours de l'intrigue. Les deux protagonistes vont finir par maîtriser leurs peurs et apprivoiser leurs souffrances favorisant ainsi un rapprochement inévitable. 

Dernier extrait, issu de Maléfices:

"La Chose cligna des yeux comme si elle se réveillait et observa autour d'elle. Cette maison qui sentait le vieux. Cette décoration qu'elle haïssait. Tous ces meubles qu'elle avait été chercher dans son ancienne vie. Combien de fois avait-elle tout jeté à terre, cassé des cadres, brûlé des souvenirs ? Pour en remettre le maximum en ordre ensuite, sauf les photos. Pour préserver les apparences. Parce qu'il le fallait. Pour pouvoir poursuivre. Pour ne pas qu'on la démasque et l'arrête, car les autres n'étaient pas comme elle, ils ne pouvaient comprendre. Pas encore..."

Pour info: tout phénomène décrit dans ces 3 tomes est absolument véridique. Maxime Chattam nous prend par surprise en évoquant la momification, les « zombis », les arachnides ou encore un spécimen aquatique comme le poisson globe aux poisons bien particulier et pourtant comme il nous le dit si bien "Tous les parents du monde avaient menti à leurs enfants : les monstres existent."

Si vous êtes adeptes de séries TV telles que Sense 8, Stranger things, ou encore 13 reasons why vous ne pourrez qu'être séduits par ces trois thrillers. Je pourrais miser gros sur le fait que vous ne pourriez vous décrocher de ces trois histoires. Une fois que vous y êtes entrés il vaut mieux en sortir entier.

La trilogie du mal - Maxime Chattam
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