L'appel du néant - Maxime Chattam

Après avoir relu il y a quelques temps la trilogie du mal de Maxime Chattam je n'ai bien évidemment pas pu résister à l'appel du dernier volume de sa dernière trilogie. Comme cet auteur est un spécialiste du genre, sa nouvelle création ne pouvait que s'intituler "L'appel du mal".

Une lecture très clairement à deux vitesses. On retrouve tout le talent de Maxime Chattam pour les meurtres en série, pour l'angoisse qui les entoure et pour la traque de ces criminels dans la première partie. Elle vous tient en haleine purement et simplement. Le reste de l'ouvrage ne sera pas du même acabit. 

A l'inverse de toute sa bibliographie, cet ouvrage s'intéresse dans la seconde partie de son livre à la société française et au combat que celle-ci mène contre un mal sous terrain: le terrorisme.

L'auteur essaie de faire un pont clair et limpide entre cette enquête et un phénomène très proche de la réalité, une succession de tentatives d'attentats, mais ne parvient pas à nous tisser des liens clairs. Maxime Chattam décrit tous les rouages d'une cellule terroriste mais on est très peu dans l'action. On a parfois envie de sauter quelques pages. Même l'histoire d'amour qui se dessine entre deux personnages n'est pas parvenue à me toucher. 

L'auteur dresse donc un portrait de la société française actuelle criant de vérité, calqué sur les attentats survenus en France et à Paris. C'est bouleversant car on a l'impression de revivre ce moment difficile de notre histoire, on revoit les images, on ressent les émotions de ces jours de terreur etc.

L'auteur nous donne un véritable cours de religion pour nous aider à dissocier "islamique" et "islamiste". Maxime Chattam tend à éduquer ses lecteurs avec son "terrorisme pour les nuls" comme il peut l'écrire dans ce passage. 

Pour en revenir à l'écriture, même si on peut saisir l'importance pour l'auteur de faire évoluer son intrigue dans cette direction grâce au mot "de l'auteur" en fin d'ouvrage, j'ai eu l'impression de lire du seconde zone. Cette seconde partie est plus faible que la première et nous laisse véritablement sur notre faim. 

Petite mention cependant pour la chute de l'histoire qui vous laisse un sentiment mitigé: un pur plaisir de s'être fait avoir et la frustration de s'être fait avoir. Paradoxe. 

L'appel du néant - Maxime Chattam
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